Luttons contre le chômage, pas contre les retraites

Posted in Non classé on juin 13, 2010

Luttons contre le chômage, pas contre les retraites

Au lendemain de la faillite de notre système économique de croissance par l’usure, système économique qui ne doit sa survie qu’à une mobilisation sans précédent de fonds publics, les néo-conservateurs remportent une nouvelle victoire, ils imposent de nouveau l’idée que reculer l’age d’ouverture des droits à la retraite pourrait limiter les déficits des caisses de retraite.

Ainsi, ils tentent de reculer le nécessaire rééquilibrage du partage des richesses. Ces trente dernières années, la part des richesses distribuées aux capitaux a augmenté par rapport à celle versée aux travailleurs : il serait juste que les capitaux financent les retraites.

Si nous souhaitons rester en démocratie, si nous souhaitons que les idéaux de la République Française survivent, la raréfaction des ressources, la multiplication des situations de crise, la déconnexion de la finance par rapport aux réalités économiques, tous ces signes devraient nous conduire, non pas à consolider les comportements égoïstes, les replis sur soi, le « travailler plus pour priver les autres de revenu », mais a renforcer les moyens consacrés à la fraternité.

Pour partager les richesses, nous avons besoin de rétablir la liberté de chaque individu de « gagner sa vie ». Nous avons besoin de politiques de lutte contre le chômage : pour partager les richesses, il nous faut partager le travail. Un des moyens simple de partager le travail est de diminuer la durée de cotisation pas de l’augmenter.
L’augmentation des durées de cotisation, diminue les pensions versées et aggrave les déficits.

Les travailleurs qui occupent les emplois les plus pénibles ne peuvent continuer à travailler indéfiniment: ils peuvent être contraints à s’arrêter avant d’avoir le droit à une retraite à taux pleins. De plus, les travaux les plus difficiles diminuant l’espérance de vie des travailleurs, plus ils cotisent longtemps, plus ils meurent jeunes. Ainsi, l’augmentation des durées de cotisation diminuent les pensions versés aux foyers les moins privilégiés.

Du fait du fort taux de chômage, l’augmentation des durées de cotisation n’augmente pas le nombre de travailleurs: l’augmentation des durées de cotisation n’augmente pas les recettes globales des caisses sociales. Par contre, en reculant les départs à la retraite, l’augmentation des durées de cotisation maintient artificiellement un fort taux de chômage. Ce fort taux de chômage limite le pouvoir des employés vis-à-vis des employeurs et autorise les sociétés à verser plus de dividendes à leurs actionnaires et moins de salaires à leurs employés. Ainsi, puisque les cotisations sont basées sur les salaires, l’augmentation des durées de cotisation en maintenant des salaires bas, creuse les déficits des caisses sociales.

Toute réforme qui inclurait une augmentation des durées de cotisation n’aurait pas pour but réel de préserver l’équilibre financier des caisses sociales mais de les mettre en péril et d’augmenter la part des bénéfices versés aux actionnaires en privant les employés d’une part croissante des fruits de leur travail.

Au contraire de ce qui nous fait croire la pensée unique dominante, c’est en diminuant les durées de cotisation que l’on pourrait espérer augmenter les revenus des caisses de retraite. En effet, une telle diminution entrainant une baisse du chômage, elle permettrait l’augmentation des salaires salaires versés donc l’augmentation des cotisations!

François NICOLAS

5 to “Luttons contre le chômage, pas contre les retraites”


  1. Très bien…

    J’oublierais toutefois la notion de partage du travail qui laisse entendre que celui-ci manquerais.

    Or c’est bien ce que tu écris ici, c’est le partage des richesses qui manque !
    Le travail, chacun est capable de trouver à donner dix ou cent activités à qui le souhaite, les choses à faire ne manquent jamais.

    On peut remarquer que les retraités sont rarement oisifs lorqu’ils ont un peu de considération par autrui.

  2. Laurent-LF dit :

    Bonjour François,
    Le titre de ton article sonnait juste.
    Il est de mon point de vu excellent de conclure que c’est contre le chômage qu’il faut lutter plutôt que contre les retraite.
    Là où je suis moins en accord avec toi c’est dans le raisonnement que tu évoque.
    L’économie ne peut malheureusement se satisfaire d’équations aussi simples. Nous avons pu constater suite aux 35 heures que répartir le travail avait des conséquences.
    La première était et il faut s’en féliciter de donner du temps libre aux salariés.
    Mais la seconde, prévisible, a été de diviser la valeur ajouté du travail.

    Dans la même mesure en ce qui concerne les retraites il me semble inadapté d’envisager une réduction de la durée des cotisations en espérant que cela favorise les plus modestes.
    Sauvé le système de retraite par répartition n’est pas une utopie mais doit satisfaire à des règles économique et démographique. Il s’agit de solidarité intergénérationnelle.
    Ceux qui travaillent doivent payer ceux qui sont en retraite. Maintena

  3. Laurent-LF dit :

    Oups fausse manip !!!
    Maintnant disais je, si les personnes en retraites deviennent plus nombreuses il nous faut rééquilibré le ratio cotisans/ prestataires.

    Même en ajoutant tous les chômeurs nous n’arrivons pas au compte.
    Il faudra donc à notre génération travailler plus longtemps.
    Cependant et c’est un chemin difficile il est également inéluctable de retrouver le chemin de la croissance sur le marché de l’emploi.

    Au plaisir de continuer cette discussion.
    Laurent

  4. @Nusslé Lionel : à propos de partage, je partage ton avis.

  5. @Laurent-LF :
    De quel constat sur les 35H parles-tu? Il est vrai que je ne me suis plus penché sérieusement sur la question depuis 2004 mais, ce que je constatais à cette époque était que les 35H, grâce par exemple à la souplesse sur la répartition des temps de travail qu’elles ont apportées, ont permis des gains inespérés en productivité (c’est à dire une hausse de la valeur ajoutée par travailleur) tout en s’accompagnant de gels de salaire et ainsi encore aggraver les inégalités entre salaires et dividendes…
    « il nous faut rééquilibré le ratio cotisans/ prestataires »: non, il faut équilibrer les recettes avec les dépenses, ce qui n’a pas grand chose à voir. Quand sont mise en œuvre des « rationalisation de procédures » visant à produire des « gains de productivité », on constate, dans le privé comme dans le public, que nous produisons plus de biens et services avec moins de main d’œuvre, pourtant, les salariés ne sont pas augmentés et leurs temps de travail ne sont pas diminués… Le problème du financement ne vient pas du nombre de travailleurs mais du fait que les salaires ne profitent pas des gains de productivité: l’enrichissement du pays ne profite que faiblement aux salariés, il suffirait que les revenus financiers qui, eux, ont très largement profité de ces gains, participent au financement des retraites.



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